22 SEP 16 0 commentaire
Chirurgie ménisco-ligamentaire du genou en ambulatoire

Chirurgie ménisco-ligamentaire du genou en ambulatoire

Touchant de nombreux sportifs chaque année, l’entorse de genou est un des traumatismes les plus fréquents. Le bilan lésionnel s’avère très important car il conditionne l’avenir du genou et donc le retour du patient sur le terrain jusqu’à la compétition. Le bilan paraclinique a évolué énormément ces dernières années par l’imagerie IRM et l’analyse laximétrique du genou. Les techniques chirurgicales ont également progressé : elles sont désormais moins invasives, permettant une récupération plus rapide avec des durées d’hospitalisation de plus en plus courtes. Par le Docteur Arnaud PATOUT, chirurgien orthopédiste.

 

L’entorse de genou est loin d’être un traumatisme à négliger. Nombreux sont les patients qui consultent pour douleurs de genou à distance d’une entorse qu’ils ont ignorée et bien souvent, des signes dégénératifs arthrosiques modérés ou plus sévères sont diagnostiqués trop tardivement aux conséquences fâcheuses sur les espoirs du sportif.

 

Après une entorse de genou, un examen clinique par le chirurgien orthopédiste est conseillé. Cet examen particulier va permettre la recherche d’une laxité, d’un syndrome méniscal afin d’orienter le bilan lésionnel. En fonction de la gravité, une IRM sera prescrite pour préciser d’éventuelles fissures méniscales, ruptures ligamentaires et autres lésions ostéochondrales. Un nouvel examen nous permet de diagnostiquer une lésion partielle d’une lésion totale du ligament croisé antérieur. Il s’agit de l’étude laximétrique du genou. Par une traction progressive sur le genou, des capteurs vont pouvoir mesurer une différence significative entre le genou pathologique et le genou sain. En fonction du « delta » obtenu, le type de rupture ligamentaire partielle ou totale va être posé.

En fonction du terrain, de la pratique et du type de sport, de l’âge du patient, une indication chirurgicale sera posée. Quelle que soit l’issue du diagnostic, une kinésithérapie de renforcement musculaire et proprioceptive est prescrite. Elle permet le plus souvent la guérison en cas d’entorse bénigne et permet de préparer le genou à la chirurgie en cas d’entorse grave.

 

La  chirurgie ménisco-ligamentaire du genou a évolué. Les lésions méniscales étaient auparavant régularisées avec parfois des ménicectomies « larges » qui obtenaient de bons résultats à court terme mais une évolution vers la gonarthrose à moyen et long terme. Actuellement, le mot d’ordre est la préservation du ménisque. C’est pour cela que nous utilisons des systèmes de suture méniscale pour réparer les ménisques sous arthroscopie donc sans « ouvrir » largement le genou. Il s’agit d’une technique peu invasive, conservatrice, qui permet au patient de rentrer à domicile le jour même de son intervention. La marche est reprise le soir de la chirurgie et les sports entre 6 semaines et 3 mois selon le type d’activité.

 

La ligamentoplastie du croisé antérieur est réalisée également sous arthroscopie. Les techniques les plus récentes dites « DT4 » préservent à la fois le nombre de prélèvements tendineux et le stock osseux du genou. Les premières techniques nécessitaient le prélèvement d’un transplant ou greffon pour remplacer le ligament lésé de type « os-tendon-os » au dépend de la rotule-tendon rotulien-tibia occasionnant dans les suites des douleurs résiduelles, un défaut de verrouillage du genou. La cause : le système extenseur sidéré nécessitait le port d’une attelle de genou ralentissant la récupération musculaire. Ensuite, la technique de prélèvement uniquement tendineux DIDT (2 tendons, Droit interne et Demi tendineux) a permis la disparition des douleurs antérieures du genou. Par la technique DT4 (prélèvement unique du tendon demi tendineux conformé en 4 brins), il est possible de remplacer le ligament croisé lésé par un transplant efficace sans être invasif sous arthroscopie. Le patient va pouvoir, quelques heures après l’intervention, verrouiller son genou et donc marcher avec l’aide de cannes anglaises qu’il ne conservera que quelques jours. La mise en place d’une orthèse cryogène va diminuer l’œdème et la douleur améliorant le confort du patient qui pourra sortir le jour même de l’intervention si les critères de sortie en ambulatoire sont respectés. Le patient débute un programme de kinésithérapie spécifique dans les jours qui suivent la chirurgie. Les sports en décharge (natation, vélo) peuvent être débutés 2 à 3 semaines après chirurgie, la course à pieds sur terrain plat à 6 semaines, les sports avec mouvements de pivot-rotatoire à 6 mois et les sports contacts à 9 mois.

 

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